Wednesday, May 2, 2007

Recette d’un jour plus dur que les autres

1 bonne poignée de maux de ventre - qui fêtaient leur 1ere semaine d’anniversaire…

3 réunions dans 3 bidonvilles différents aux 4 coins de Pune – en sachant que
1- Pune = Inde = indiens = ne savent pas se représenter dans l’espace + unité de mesure des distance et du temps bien obscures => j’ai passé 30 minutes à faire 2 km dans un sens et dans l’autre, suite aux précieuses indications des passants : « five minutes strrrraight », « two kilometerrrs strrrraight » pour finir par tomber par hasard sur la personne que je cherchais
2- Pune = Inde = fait trop chaud = j’ai pris des coups de soleil de camionneuse – marques de la montre et des manches (ah ! Word ne reconnaît pas le mot camionneuse…pourtant si y a des calendriers « les dieux du stade », c’est pour qui hein ?!)

1 scène dont je ne reviens toujours pas… J’étais en train d’attendre que les personnes que je devais rencontrer viennent me chercher, à un grand carrefour. Et là, comme relativement souvent, se ramènent une maman en train d’allaiter son bébé en marchant et ses deux autres enfants pour mendier. Une des gamines joue d’une espèce de tambour avec des brindilles… Je veux pas leur donner d’argent donc je sais pas trop quoi faire, j’essaye de les éviter du regard, mais en même temps la gamine est vraiment à côté de moi, et elle s’arrête de jouer pour répéter « money, money » et porter sa main à sa bouche comme si elle était en train de manger. Puis elle rend les brindilles à sa mère et récupère une espèce de corde d’environ 1 mètre et là… elle se met à se flageller…en me regardant bien dans les yeux. D’abord je n’ai pas compris ce qu’elle faisait, je voyais qu’elle faisait claquer le fouet mais je ne comprenais pas trop où, mon cerveau a vraiment déconnecté devant la scène complètement surréaliste qui se passait devant moi. J’ai essayé de reprendre mes esprits rapidement pour la faire cesser, j’ai essayé d’attraper ses bras, et elle a arrêté… Je lui ai donné les 3 grains de raisins qui traînaient dans mon sac puis elle est partie, rejoindre sa mère qui avait continué à avancer…et lui rendre son fouet j’imagine

1 cerise : ma 1ere arrestation ! Première info, je roule en scooter; un beau Kinetic Honda qui doit avoir à peu près le même âge que moi…avec démarrage au kick et tout… la grande classe quoi…Deuxième info, je n’ai pas de permis indien… parce qu’il faudrait soit que j’ai un permis « français international » -que je n’ai pas hein !, soit que je passe mon permis ici- mais qui ne serait plus valide une fois que je pars et que je ne peux pas faire valider en permis international – parce que le permis indien n’est pas reconnu… (Et on comprend vite pourquoi). Donc je savais que je me ferrai arrêter à un moment ou un autre parce que y a pas mal de contrôles et si t’es blanc, t’es sûr d’y passer (« Raciiiiiistes ! »). Donc c’est évidement en cette fin de grande journée que mon ami au képi m’interpelle à un feu et me fait signe de venir me garer à ses côtés…« Driving license please »… Je fais quand même mine de chercher dans mon sac (au cas où qu’il serait apparu par magie hein) « I’ve forgotten it at home » (Rrroooo, la cruuuche) et là GLING GLING « One thousand ruppies » qu’il m’fait. Ca fait 20€, c’est pas fou en soit, mais ici on fait beaucoup d’autres choses avec tout ça, et pi j’ai une paye indienne aussi, donc ça saoule…Donc là encore, je fais genre je farfouille dans mon portefeuille… « I don’t have 1,000» On m’avait informé du process de l’arrestation donc je savais à peu près ce qu’il allait se passer… « How much you have? » « Hum… fifty… one hundred… one hundred and ten… » Là je cache mes ptits billets de 500 qui pourraient faire échouer cette sale petite opération, bien sale. « Okay, give me two hundreds » Ouai, z’avez bien compris. Voilà comment j’ai participé à l’achat de ses futurs Rayban et un peu plus globalement, à la corruption…J’ai honte…Finalement je lui ai lâché 180 Ruppies et je me suis rentrée…

Ouai… Bienvenue en Inde…c’est beau et coloré… mais c’est aussi pauvre, sale, plein de mendiants désespérés qui ne savent plus quoi inventer pour survivre et de policiers corrompus… (et de blancs qui ne nourrissent pas les pauvres et enrichissent les pourris)

2 comments:

Anonymous said...

c'est quoi, ces maux de ventre... tu te soignes? mum

Anonymous said...

People should read this.