Wednesday, May 2, 2007

4 days in Hampi

Mardi 1er mai : jour férié en Inde… Ni une, ni deux, je demande mon lundi (ceci est la preuve que je travaille aussi ici) et hop, petit week-end de 4 jours…

Je retrouve Chloé – une ESCP qui fait le même stage que moi à Bombay (donc forcément quelqu'un de bien), que je connais un tout petit peu par l’intermédiaire d’une amie de l’école, Valérie pour ne pas la nommer,- pour une super nuit de bus direction Hampi.

Hampi c’est dans le centre de l’Inde, dans l’Etat du Karnataka.

C’est un ancien royaume d’une obscure monarchie d’il y a quelques siècles. Aujourd’hui il en reste 43 km² de ruines, de temples, de temples et de temples, éparpillés dans un paysage magnifique (mon mot préféré depuis que je suis en Inde) de caillasses, de champs déserts et de bananeraies.

Enfin revenons à nos moutons… ou plutôt à notre bus, aux routes indiennes et leurs nids de poules qui n’ont pas changé en 1 semaine et à notre chauffeur et sa conduite douce et agréable. Enfin bref, après quelques moments de sommeils perdus dans les 12h de bus, nous débarquons en fin de matinée à Vijayanagar, l’ancien empire.

Le bus nous dépose à Hospet, d’où nous prenons un autre bus pour rejoindre Hampi en une demi-heure.

A l’arrivée, 1ere mission : échapper à la foule d’indiens qui te sautent dessus dès qu’ils t’aperçoivent… A ceux qui veulent te vendre quelque chose, si, si… « Rickshaw? », « No thank you »; « Road Map? », « No thank you…»; « Postcards? », “No, nothing”; « Rooms? », “Non! Je veux rien, t’es sourd ou t’es sourd??” Et aux enfants qui veulent que tu leur donnes quelque chose : « One Ruppie ? » « No »; « Chewing gum? », « No »; « Chocolate? », « No! »; « School pen? », « Non toujours pas! ».

2è mission : trouver un hébergement. Suivant docilement les conseils de spécialistes du coin, attirées par la promesse de chambres avec vue sur rizières, on traverse le petit cours d’eau qui sépare Hampi Bazaar de Virapur Gaddi

« Goa Corner Guest House ? » « Strrrraight » ; vous l’aurez compris en Inde, c’est toujours « strrrraight ».

Vue sur Hampi Bazaar ; à gauche, le fameux « gopuram » du temple de Virupaksha, un avatar de Shiva. Souvenez-vous, Shiva, personnification de l'Absolu, le principe destructeur et en même temps régénérateur du monde, dispensateur de mort et de renaissance...


Bon… Goa Corner, c’est fermé, la propriétaire « is in Amerrrrica ». Donc direction Sri Lakshmi Golden Beach Resorts (si ça fait pas rêver un nom pareil…) suivant cette fois les conseils du Lonely, avec « big swimming pool »: « We closed yesterday ». Et oui, ici aussi c’est la fin de la haute saison, fait trop chaud maintenant pour nous, pauvres petits touristes. On abandonne nos projets de rizières et retour sur le côté plus touristique, où on se dégotte une mini chambre, à 50 Rps la nuit par personne, soit 1€ ; ça va…
Puis direction le Mango Tree, un resto recommandé aussi par les experts d’Hampi ; on traverse des bananeraies et on se retrouve dans un cadre fort sympathique, jolie vue, à l’abri d’un énorme manguier.
Puis posage sur les ghâts d’où on observe les mères de famille laver, frotter, essorer et fouetter leur linge Drôle de vue sur des rochers/statues/colonnes – beaucoup d’intrus pour une photo
Drôle de dame, qui se frottait très énergiquement dans l’eau et qui se rhabille. Miroir, mon beau miroir…
Puis elle vient s’asseoir à nos côtés…
Puis la nuit tombe- relativement tôt en Inde, vers 19h. Balade dans les ruelles d’Hampi, dîner, dodo.

Dimanche – Bon petit dej à base de fruits frais, miam miam ; puis départ pour une balade dans le Sule Bazaar, une autre partie des ruines.
La statue monolithe de Nandi, ou le « monolitic bull » sur les panneaux indiens.
Des temples et leurs colonnes pour la touche fraîcheur
Un écureuil pour la touche nature
Un sari pour la touche indienne
Moments de vie dans les rues d’Hampi alors que l’on est en train de perdre Chloé…
Un bon lit pour son ventre pour la touche indienne toujours ; pendant que je retourne assister au coucher de soleil sur les ghâts.

Rencontres typiques avec des indiens « Hello Madam’. What’s your name Madam’? What is your country Madam’?” .

Puis retour vers la guest house… Halte dans un temple que je découvre sur le chemin ; je rentre ; le prêtre m’invite à m’asseoir avec lui et un de ses acolytes. Discussion un peu difficile ; j’essaye d’expliquer ce qu’est un violoncelle… Puis il va me chercher son «tambourin» et joue un morceau, en chantant.
Bon moment... Il m’invite à venir prendre le petit déjeuner le lendemain.

Donc le lendemain matin, avec Chloé cette fois, nous petit déjeunons de la semoule de riz sur des feuilles de bananiers, assises dans le temple.
Le prêtre nous rejoue du tambourin. Il nous invite ensuite à venir assister à un mariage, à midi. Mais on veut quand même se balader un peu. Donc on part pour une longue marche, sur les bords du Tungabhadra.

Sur le chemin, des paysages désertiques, puis un vélo, une ambassador, un marchand de glace et un vieil indien
Et une invasion d’indiens…
et c’est reparti «Heeellllooo Madam’ ! What’s your name madam’? What’s your country Madam’?», «France», «France ? Bonzour ! Ca va, ca va bien ?»… Bon l’intention est gentille mais aux 150è «hello», «bonzour» et «ca va bien ?», c’est un tout petit peu lourd… Tu deviens mystérieusement lettone… Car, oui, ça a son petit effet… «Lettony ? What is this country ?» puis ils se regardent et en discutent entre eux… Et si tu as le malheur de sortir ton appareil photo, c’est reparti pour l’harcèlement «One photo !», «Me ! Me ! One photo !», petit pose puis ils se rapprochent pour que tu leurs montres l’écran de l’appareil…

Enfin… on poursuit notre route, direction le Vittala Temple, inscrit au patrimoine de l’humanité… Tentative d’escalade des murs parce que la petite discrimination niveau prix de l’entrée est beaucoup trop scandaleuse- pour info, 10 Rps c’est 0,2€…Et au passage, un extrait en kanada, la langue du Karnataka.
On poursuit notre route, parsemée de temples toujours…où les enfants jouent… jusqu’à ce qu’ils te voient… et se mettent à courrir à ta rencontre en répétant «One Ruppie ?», «School pen ?» etc … Pour l’intégralité du refrain de l’enfant mendiant en si bémol, cf. plus haut.
Traversée du Tungabhadra pour atteindre Anegondi, un autre «quartier» de la zone, dans une espèce de coquille de noix, capable de porter 3 motos et une petite dizaine d’humains. Même pas peur
C’est bien les enfants quand ça ne sait pas encore parler. Pour la pose photo, ça semble inné par contre…
Il fait bien chaud, et la route s’annonce longue…en chemin, encore des curiosités locales…

l’homme foin
des vaches (tjs spéciale cacedédi à Anne)
Au bout de notre longue route, toujours pas les temples promis. Après avoir interrogé plusieurs indiens (il faut en moyenne 4 indiens pour être sur de son chemin), on apprend que le «monkey temple» est encore à 2 km. On marche depuis plusieurs heures et il fait 35 d°, une seule solution, le stop…Faut que j’améliore un peu ma technique parce que le pouce, ça marche pas ; et les grands signes des bras, ça marche 1 fois sur 2. Un indien à moto finit par s’arrêter, on lui explique où on veut aller, il dégage son pote et hop, c’est partiii, cheveux dans le vent, « yeah biker». Il nous dépose en bas d’un pic, apparemment le temple, c’est «là haut sur la montagne»… Puis le vil nous fait comprendre qu’on est bien gentilles mais que tout se paye dans ce bas monde… Ouai le concept du stop est bien méconnu ici... Donc je sors un pti billet de 10 Rps (sachant qu’un litre d’essence c’est 50 Rps, c’est déjà bien généreux) mais monsieur fait son difficile, il veut ses 50 Rps… Ben tu peux te brosser Martine et retourner chercher ton pote, 10 c’est déjà bien ; merci, au revoir… nan mais, il me ferait presque culpabiliser en plus…

On l’abandonne quand même, puis je me lance dans la grande ascension… pendant que Chloé épargne cette épreuve à son organisme déjà fragilisé…
Quelques 550 marches plus tard, je rencontre mes premiers singes !
Les singes aussi posent…
Puis j’arrive en haut, devant ce temple blanchit à la chaux, dédié à Hanuman, le dieu singe
Panorama incroyable …
Je me rends compte qu’on n’a pas pris le chemin le plus court… c’est toujours bon à savoir pour le retour… Quelques photos plus tard, je redescends mes 700 feet de dénivelé.

Et un bon jus de coco plus tard, à la paille directement dans la noix, c’est parti pour rejoindre Hampi…

SuperPapi Karnataka 2007
Le soleil est en train de descendre, la lumière est vraiment incroyable… Ca y est, je sais à quoi ressemble le paradis. C’est vraiment magnifique (ceci est un message subliminal du ministère du tourisme indien) – malheureusement les photos ne rendent pas ce qu’on a vu…
On traverse des champs et des villages Puis on arrive enfin à Hampi-centre. Petite soirée tranquille, pas de problème pour trouver le sommeil.

Mardi, grosse motivation et réveil à 5h30 (oui, oui) pour un départ à 5h45 avec Shandra, un soit disant guide officiel pour un lever de soleil depuis un super point de vue et un tour expliqué de la cité sacrée, une autre zone d’Hampi, à vélo. SuperShandra nous refile à son pote guide qui a dégotté 2 anglais pour un tour des ruines que l’on a déjà vu l’avant-veille, et à pieds – y a pas moyen !! Donc petit coup de gueule à la française et le pote-guide nous trouve un rickshaw pour nous emmener dans le coin que l’on ne connaît pas encore. Pour le vélo, ce sera une autre fois…

On assiste quand même au lever du soleil, entre la statue de Lachxmi aux 7 têtes de serpent, … … le temple sous-terrain, les restes de la mosquée-hindu et de tout un palais, une sorte de mudejar à l’indienne
… ou encore l’étable aux éléphants et le bain de la reine
Puis retour sur Hampi Bazaar – pause boisson fraîche dans un bouiboui aux magnifiques statuettes… en Inde faut jamais avoir peur de la couleur


Un peu de shopping indien et … retour. Mini bus pour Hospet, d’où partent tous les bus. Et une nuit de bus, une !

Arrivée à 6h à Pune, une bonne douche et hop, boulot!

Pour la concision, je ferai un effort à l’avenir…si vous êtes sages dimanche prochain. Quoi « y a pas de rapport » ?

Recette d’un jour plus dur que les autres

1 bonne poignée de maux de ventre - qui fêtaient leur 1ere semaine d’anniversaire…

3 réunions dans 3 bidonvilles différents aux 4 coins de Pune – en sachant que
1- Pune = Inde = indiens = ne savent pas se représenter dans l’espace + unité de mesure des distance et du temps bien obscures => j’ai passé 30 minutes à faire 2 km dans un sens et dans l’autre, suite aux précieuses indications des passants : « five minutes strrrraight », « two kilometerrrs strrrraight » pour finir par tomber par hasard sur la personne que je cherchais
2- Pune = Inde = fait trop chaud = j’ai pris des coups de soleil de camionneuse – marques de la montre et des manches (ah ! Word ne reconnaît pas le mot camionneuse…pourtant si y a des calendriers « les dieux du stade », c’est pour qui hein ?!)

1 scène dont je ne reviens toujours pas… J’étais en train d’attendre que les personnes que je devais rencontrer viennent me chercher, à un grand carrefour. Et là, comme relativement souvent, se ramènent une maman en train d’allaiter son bébé en marchant et ses deux autres enfants pour mendier. Une des gamines joue d’une espèce de tambour avec des brindilles… Je veux pas leur donner d’argent donc je sais pas trop quoi faire, j’essaye de les éviter du regard, mais en même temps la gamine est vraiment à côté de moi, et elle s’arrête de jouer pour répéter « money, money » et porter sa main à sa bouche comme si elle était en train de manger. Puis elle rend les brindilles à sa mère et récupère une espèce de corde d’environ 1 mètre et là… elle se met à se flageller…en me regardant bien dans les yeux. D’abord je n’ai pas compris ce qu’elle faisait, je voyais qu’elle faisait claquer le fouet mais je ne comprenais pas trop où, mon cerveau a vraiment déconnecté devant la scène complètement surréaliste qui se passait devant moi. J’ai essayé de reprendre mes esprits rapidement pour la faire cesser, j’ai essayé d’attraper ses bras, et elle a arrêté… Je lui ai donné les 3 grains de raisins qui traînaient dans mon sac puis elle est partie, rejoindre sa mère qui avait continué à avancer…et lui rendre son fouet j’imagine

1 cerise : ma 1ere arrestation ! Première info, je roule en scooter; un beau Kinetic Honda qui doit avoir à peu près le même âge que moi…avec démarrage au kick et tout… la grande classe quoi…Deuxième info, je n’ai pas de permis indien… parce qu’il faudrait soit que j’ai un permis « français international » -que je n’ai pas hein !, soit que je passe mon permis ici- mais qui ne serait plus valide une fois que je pars et que je ne peux pas faire valider en permis international – parce que le permis indien n’est pas reconnu… (Et on comprend vite pourquoi). Donc je savais que je me ferrai arrêter à un moment ou un autre parce que y a pas mal de contrôles et si t’es blanc, t’es sûr d’y passer (« Raciiiiiistes ! »). Donc c’est évidement en cette fin de grande journée que mon ami au képi m’interpelle à un feu et me fait signe de venir me garer à ses côtés…« Driving license please »… Je fais quand même mine de chercher dans mon sac (au cas où qu’il serait apparu par magie hein) « I’ve forgotten it at home » (Rrroooo, la cruuuche) et là GLING GLING « One thousand ruppies » qu’il m’fait. Ca fait 20€, c’est pas fou en soit, mais ici on fait beaucoup d’autres choses avec tout ça, et pi j’ai une paye indienne aussi, donc ça saoule…Donc là encore, je fais genre je farfouille dans mon portefeuille… « I don’t have 1,000» On m’avait informé du process de l’arrestation donc je savais à peu près ce qu’il allait se passer… « How much you have? » « Hum… fifty… one hundred… one hundred and ten… » Là je cache mes ptits billets de 500 qui pourraient faire échouer cette sale petite opération, bien sale. « Okay, give me two hundreds » Ouai, z’avez bien compris. Voilà comment j’ai participé à l’achat de ses futurs Rayban et un peu plus globalement, à la corruption…J’ai honte…Finalement je lui ai lâché 180 Ruppies et je me suis rentrée…

Ouai… Bienvenue en Inde…c’est beau et coloré… mais c’est aussi pauvre, sale, plein de mendiants désespérés qui ne savent plus quoi inventer pour survivre et de policiers corrompus… (et de blancs qui ne nourrissent pas les pauvres et enrichissent les pourris)

GoA – sous le soleil des tropiques

Petite escapade à Goa le temps d’un week-end… Goa, c’est l’un des plus petits états de l’Inde, perdu entre le Maharashtra (où est Pune) et le Karnataka, et c’est aussi le plus riche. C’est accessoirement une ancienne enclave portugaise.

Départ à 19h de Pune, pour une folle nuit de bus, en compagnie d’Alex (le jongleur) et de Jonathan (mon coloc). 700 km, soit 12h de couchettes super conforts et de nids de poules à gogo… Ah ! Quel plaisir d’être un jeun’s cool !

Arrivée à 7h à Panjim, la capitale, où nous retrouvons le 4è larron, Gonzo (Gonzague, ça fait pas spirit).

Bus pour Old Goa, haut lieu catho, un peu plus dans les terres.

Salut Voisin

Old Goa, c’était l’ancienne capitale, sous l’« occupation » portugaise… Il reste aujourd’hui quelques immenses cathédrales (parmi les plus grandes d’Asie même que). On visite Sainte Christine puis Saint François d’Assise.
Puis retour à Panjim pour un autre bus pour Margao, dans le sud…

La couleur de Goa, c’est le rouge. Bon, ça a beau être « riche », ce n’est encore pas ça…

Puis encore un bus pour Benaolim, la playaaaa ! On se trouve des petites huttes juste en bord de plage…

Le sable est brûlant, le 1er plongeon est fou ! Même si pas très rafraîchissant, l’eau doit être à 30 degrés…

Aprèm on the beach… Et on est hors saison (la saison haute, c’est octobre – mars) donc y a quasi personne, c’est encore mieux…

Les palmiers sont toujours tordus ici ; pourtant il n’y avait pas tant de vent
Sunset Beach (sans Riccardo) et soirée on the beach

Nuit dans un bon lit quand même & pti dej de rêve… fresh orange juice, au bord de l’eau
Journée beach & shopping (Oui, trop d’activité nuit à la santé). Des bateaux, des filets de pêche et des indiennes toutes habillées à la plage… ben oui, ce n’est pas comme s’il faisait chaud…
Puis re- Benaolim – Margao – Panjim – Pune, et re-nite in the bus, et re-nids de poules; c’est ça qu’est rigolo.

Super week-end donc, pas forcément reposant (un peu dur d’enchaîner le boulot 3h après le retour) mais bien dépaysant…