Wednesday, May 30, 2007

Bombay City

Vendredi 17h50 : départ sur la pointe des pieds du bureau pour attraper le train avec Emilie – je laisse mon PC allumé, ma batterie devrait tenir une demi heure, mes notes sont en désordre sur mon bureau... parfait ! Je suis couverte pour les 40 minutes de rab de week-end que j’ose m’accorder...

La gare est à cinq minutes... nous n’avons pas pu réservé nos billets la veille puisque le train est plein... Mais on nous a dit que des billets pour un compartiment « sans réservation » sont en vente dans la demi heure avant le départ... Nous, on y croit ! Et ca marche en plus...

Les guichets ou l’obsession indienne des journées réglées à la minute (en théorie)

On entre dans le train sans trop savoir dans quel wagon on est censé monter. On traverse tous les compartiments – on croise les cuisines et leurs cuisiniers
On nous indique finalement le wagon des unreserved – et la partie «ladies »... Ah mais il reste plein de places ! C’est un siège ? le porte bagage ? ça nous supporte en tous cas... 18h35 – le train part- Comme les portes du train sont en option...
A chaque arrêt, les vendeurs en tous genre se ruent dans le train pour vendre biscuits, «tchaiiii», «gelllyyyy». On fait des rencontres sympa- l’appareil attire l’attention, et les demandes de photo émanent de partout.

Une famille nous fait partager son dîner
A quelques minutes de l’arrivée, moment choc - les filles de la famille avec lesquelles on avait dîné...
...sortent de curieux bouts de tissus noirs, et en 2 mn 30, elles en sont recouvertes de la tête aux pieds : robe, voile & burka... seules les bouts de chaussures qui dépassent nous rappellent qu’elles étaient couvertes de rose il y a moins d’une minute – la mini fente de la burka laisse à peine deviner leurs regards

22h30... on sort du train, on prend un cab jusqu’à chez Diya, ma copine indienne, rencontrée à Pune et qui nous accueille pour le week-end – la soirée commence... Apéro avec ses deux colocs, Kheerti (qui parle français) et Pryia, et d’autres amis indiens arrivent. Puis on part au Polly Esther’s – on entre dans le hall d’un hôtel et après avoir passé plusieurs barrages de videurs et déboursé la modique somme de 500 Rps (post-négociation), c’est ambiance rétro-70ies, posters des groupes de l’époque au mur – pendant que Jim Morrison se retourne dans sa tombe, la upper classe indienne se trémousse sur «love generation». Super dancefloor éclairé à la Saturday Night Fever, réservé aux filles et aux couples ! (avec videur pour rattraper les petits malins qui s’aventureraient seuls...) Et encore des expats français.

2h : la boite ferme... rythme indien oblige – on part donc à la recherche d’un endroit pour poursuivre la soirée –un bar sur le toit d’un immeuble en bord de mer fera l’affaire – on rentre

Samedi : Dodo tard, petit dej et sieste digestive... De toutes façons, il fait beaucoup trop chaud pour faire quoi que ce soit !

17h (oui, si tôt) : nous décollons - Première vue de la Bombay skyline de jour
Déjeuner au café Mondegar – dessins colorés et humouristiques au mur. Un bon burger avec de la VIANDE !! C’est jour de fête...
Marchand de ballons-géants-qui-servent-à-rien-mais-qui-se-vendent-quand-même
Et un peu de tourisme tout de même...Et comme dirait mon ami Bénabar : « Des photos de monuments qui sont jamais très belles; Mais c’est nous qui l’a fait, c’est pas la carte postale »

Gateway of India, l’arc de triomphe de Bombay
Aux côtés du Taj, la chaîne d’hôtels grand luxe indien
Au passage, Diya and I – présentation express : bosse en tant que « film executive » pour Ogilvy & Mather, une grosse agence de pub ; un brin déjantée et adorable
Et Keerthi, une des colocs, femme pressée aux bulles- photographe pour la même boite –toute aussi sympa
Puis nous allons sur Marine Drive, « promenade des anglais » de Bombay – immeubles art déco. Surnommé le « queen’s necklace » - explications en image
Après le coucher de soleil, direction le Guetto –le repère de Diya, 1er bar rock&roll de Bombay. Couvert de graffitis

Halte retour chez Diya et nous voilà reparti - soirée chez Chloé (reminder : ma collègue à distance – même ONG mais à Bombay, avec qui j’ai été à Hampi) dans un très bel appart avec vue sur la mer du 13e étage

Puis nous retrouvons un ami de Diya qui nous emmène... au Polly Esther’s again !

Sur le chemin, le choc... des centaines de mètres de gens dorment sur les trottoirs. Des espèces de tentures tenant je ne sais comment, une couverture au sol ainsi quelques étagères récupérées divisent l’espace. Au sol, sur 4m² maximum, les familles dorment entassées...

A Pune, je n’ai jamais été confronté à autant de pauvreté... je m’en étais déjà rendu compte dans la journée, au nombre de mendiants venant toquer aux fenêtres des cabs (les taxis noirs de Bombay) et à leur état – mal formés, déformés et/ou amputés

Ca me rappelle mes vieux cours de prépa... dans les pays en développement, les pauvres sont plus pauvres et les riches sont plus riches que dans les économies développées. Pendant que les trottoirs dorment profondément, la classe supérieure indienne (et moi ) paye ses entrées 20€, prix digne de grande boîte parisienne – alors que le pouvoir d’achat est 5 fois moins élevé en moyenne.
C’était la minute «l’économie vue par Zezette »

Grâce à ma formidable capacité d’aveuglement, je passe une excellente soirée

2h - une fois encore le DJ conclue la soirée sans les Lacs du Conémara (scandaleux oui), nous retentons notre bar de toit, fermé cette fois... Ben c’est pas grave...le bar du Taj est ouvert 24h/24 !! Donc nous voilà parti pour notre café à 200 Rps (4€, c’est encore raisonnable !- normalement, un café c’est 30 Rps). Puis retour @ home.

Dimanche : brunch de fou, que Diya nous a trop gentiment préparé avant de partir devait à Goa pour shooter une pub pour... des serviettes hygiéniques, oui oui

Puis nous partons pour la mosquée de Haji Ali... au bout d’une longue digue, blanchie à la chaux, elle a été bâtie ici parce que le cercueil du saint Haji Ali aurait dérivé depuis La Mecque jusqu’à cet endroit précis.

Sur la digue, c’est la cour des miracles

Des mendiants
Des échangeurs de monnaie humain, qui font des piles avec leurs pièces
Des hommes amputés qui répètent des chants religieux, battant le rythme de leurs membres raccourcis
En tous cas, la mosquée est très belle, recouverte de drapeaux de toutes les couleurs
Puis nous partons vers Mahalaxmi temple perché au dessus de l’eau– Mahalaxmi est la déesse de la Fortune pour info. Une file « In » et une file « Out »... ça ressemble à un début d’organisation... si on ne laissait pas nos chaussures au milieu de la file « In »...très pratique quand il faut les récupérer... Donc bouchons géants, la file n’avance pas... je n’ai jamais eu aussi chaud... encore un coup de soleil d’ailleurs...

Puis quelques formalitésEt nous accédons au temple (toujours interdiction de prendre des photos)

Un peu plus loin, nous retrouvons Priya et partons pour Choor Bazaar, le « bazar des voleurs », où nous voyons des tas d’antiquités, de bibelots et beaucoup de bric-à-brac...
Cool les mecs, ça va aller
Nous devons malheureusement déjà rentrer... direction Victoria Terminus- ça ressemble à une cathédrale, mais non...
Puis nous prenons notre train ; celle fois on a réservé, on a donc des banquettes confortables... retour en 3h
On récupère mon scoot aux pieds de l’immeuble du bureau et... surprise ! Mon pneu arrière est crevé... allez, poussez madame, on trouve relativement rapidement un réparateur (l’Inde en résumé : rien ne marche jamais normalement mais on trouve toujours de tout partout)... Héhé, mon pneu a 5 entailles bien parallèles ! C’est parti pour un nouveau pneu...Puis enfin retour at home pour une vraie nuit de sommeil, avant d’attaquer la semaine.

Special to Diya : I’ll be back… Thx a lot for the best welcome…ever!