Bus pour Baroda - Ah si, il y a un essuie glace…parce que j’en doutais à la vue des milliers de gouttes d’eau qui s’accumulent sur le pare brise-fendu-réparé-au-gros-scotch (le « couleur métal », Raph, le plus solide, celui qui répare aussi les pare choc endommagés par les trottoirs espagnols)
Bollywood - A l’écran, Sandeep-beaucoup-trop-musclé en Marcel jaune conduit Sachin et Priyanka-beaucoup-trop-gonflée, assise sur le dossier de la banquette d’un 4x4 décapoté. Maintenant, il y a Mexico en arrière plan ; il y a toujours beaucoup trop de gonflette et de fluo ; il y a des « ‘scuse me » toutes les 10 sec dans la chanson qu’ils entonnent en coeurs ; ils dansent sur une terrasse surplombant la ville.
Mes amis les chauffeurs ont du avoir pitié de moi et m’ont proposé le meilleur siège du bus-le 1er de la rangée, sans voisin, ni à droite, ni devant.. J’avoue ne pas m’être fait prier...12h de bus de nuit, en semi-sleeper ; parce qu’après 17h, plus de «couchette » pour Baroda, logique indienne...
Il pointe son revolver sur la tempe de Priyanka...Maintenant c’est elle sur la sienne...elle le lâche...ils s’embrassent en pleurant. Sans transition : aux pieds d’un squelette de diplodocus, lors d’une visite scolaire, Blanche Neige donne un concert d’accordéon avec ses amis les nains. Gros plan sur un sachet au sol, d’où sortent des dizaines d’insectes rampants non identifiés.
Pourquoi est-on encore arrêté ? Il a fallu 2h pour sortir de Pune, et maintenant 30 minutes de pause dîner. Dont 10 minutes d’explication pour que le serveur comprenne que je ne veux qu’un roti (galettes de farine de blé) et rien d’autre. J’ai quand même le droit à une énumération de tous les plats dispo... «Butter Massala ? Palak Panneer ? Veg Byriani ? » Non, non et non... Je reconnais qu’un serveur français serait peut être dérouté si on lui commandait seulement une tranche de pain. A la différence qu’ici, ces galettes sont payantes.
Lara-Prianka-Croft enfourche sa Pulsar et prend à gauche. James-Sandeep-Bond couvre à droite, rattrape le méchant-qui pile, fait un bond de 10 m au dessus de lui. Mince, un ravin derrière... c’est le drame... 5 secondes de ralenti sur la chute, et nous voila rassurés... James a toujours un parachute sur lui
La couronne de fleurs balance au rythme des nids de poule et autres imperfections de la Pune-Mumbai motorway. Ganesh statufié est bien fixé, l’encens brûle... Le cockpit est béni, on est protégé pour le voyage.
Les deux ennemis se font de nouveau face, plus bas, dans le fond du ravin, une cascade en fond d’écran. Une droite, un uppercut, sois un homme mon fils. Lara redevenue un peu Priyanka assiste impuissante à la scène en pleurant.
La TV vient de s’éteindre toute seule, on n’a pas atteint le générique de fin. L’absurdité du scénario lui a sûrement été fatal. J’ai l’impression d’avoir vu une parodie... Ah faut que je raconte aussi l’épisode de la rencontre entre Lara et James...quand au ralenti, ils avancent l’un vers l’autre et qu’on a le droit à la séquence « je mets le téléspectateur dans la tête de l’acteur » et l’on découvre le fantasme de Sandeep : Lui, Priyanka, et leur progéniture courent en maillots de bain rouges sur la plage, planches sous le bras...
Allez... dodo pour le reste de la nuit
B comme bien arrivée à Baroda,
et Bollywood aux scénarios bidons, bobets (oui) & bien barbants
Tuesday, June 12, 2007
Day on fields ou la journée type quand on travaille avec des indiens
Il y a une semaine, j’avais appelé une des agences de micro crédit d’une des ONG pour demander si je pouvais venir faire passer quelques interviews à certains bénéficiaires des prêts, comme je l’avais déjà fais plusieurs fois. C’est ok, je peux venir... Cette fois c’est avec le directeur de mon ONG qui veut voir à quoi ressemble mon questionnaire. Autrement dit, c’est un homme pressé et son temps est compté...
Départ à 11h de Swabhimaan – arrivée dans le bidonville où est une des agences de micro crédit... verrou sur la porte. On dirait bien que y a personne...La responsable d’un autre programme confirme : tout le monde est au «siège» de l’ONG, réunion des Branch Managers et Collector Motivators. Qui pour sûr n’a pas été organisée dans l’urgence, mais planifiée longtemps en avance...
Bon... on demande à la responsable si elle ne connaît pas par hasard des personnes qui ont fait un prêts – je m’intéresse aux différentes activités économiques gérées par les clients de la microfinance... Après un dédale de ruelles nous voilà devant une petite épicerie.. les gérants confirment : ils sont clients du programme de microfinance...ouf. On mène donc notre entretien, tout se passe bien.
Sans transition, voilà à quoi ça ressemble quand je fais mes questionnaires

L’entretien finit, nous retournons à l’agence, demander à la responsable si elle peut nous indiquer un autre bénéficiaire. Après s’être creusé les méninges 2 bonnes minutes, elle nous parle d’un vendeur de mangues ambulant... Après une très courte description, je vois Kishor, le directeur de mon ONG, me dire «chalo» (on y va), et de m’expliquer que l’on part à la recherche d’un vendeur ambulant, qui «has a cap»... J’ai envie de rire, mais ça se fait pas... J’ai envie de lui dire «Do you know the sentence : looking for a needle in a botte de foin?» mais je ne sais pas le dire...Donc nous voilà Donquichotte et moi sur sa moto, à ouvrir grand les yeux pour tenter de trouver un marchand ambulant qui porte un chapeau, dans un bidonville de 2000 habitants...
La mauvaise langue que j’étais...! A peine 300 m et bim, le voilà sur le bord de sa route : y a les mangues, y a le chapeau...ça ne peut être que lui ! Et effectivement, il fait parti du programme... nous commençons donc l’interview...
Pour peu de temps, car le muezzin se met à «chanter/miauler/crier», et là monsieur chapeau se lève et nous dit que c’est l’heure de la prière, merci mais revenez plus tard... et il rejoint la mosquée en courant.
A force, plus rien n’étonne ! Ici, impossible de planifier un meeting, il est systématiquement repoussé, ou annulé, si les gens ne sont pas carrément partis; impossible de fixer des deadlines, elles ne sont jamais respectées – et pas la peine de demander des justifications «I couldn’t (and that’s it)»...
Things Take Time, les 3T indiens
Départ à 11h de Swabhimaan – arrivée dans le bidonville où est une des agences de micro crédit... verrou sur la porte. On dirait bien que y a personne...La responsable d’un autre programme confirme : tout le monde est au «siège» de l’ONG, réunion des Branch Managers et Collector Motivators. Qui pour sûr n’a pas été organisée dans l’urgence, mais planifiée longtemps en avance...
Bon... on demande à la responsable si elle ne connaît pas par hasard des personnes qui ont fait un prêts – je m’intéresse aux différentes activités économiques gérées par les clients de la microfinance... Après un dédale de ruelles nous voilà devant une petite épicerie.. les gérants confirment : ils sont clients du programme de microfinance...ouf. On mène donc notre entretien, tout se passe bien.
Sans transition, voilà à quoi ça ressemble quand je fais mes questionnaires

L’entretien finit, nous retournons à l’agence, demander à la responsable si elle peut nous indiquer un autre bénéficiaire. Après s’être creusé les méninges 2 bonnes minutes, elle nous parle d’un vendeur de mangues ambulant... Après une très courte description, je vois Kishor, le directeur de mon ONG, me dire «chalo» (on y va), et de m’expliquer que l’on part à la recherche d’un vendeur ambulant, qui «has a cap»... J’ai envie de rire, mais ça se fait pas... J’ai envie de lui dire «Do you know the sentence : looking for a needle in a botte de foin?» mais je ne sais pas le dire...Donc nous voilà Donquichotte et moi sur sa moto, à ouvrir grand les yeux pour tenter de trouver un marchand ambulant qui porte un chapeau, dans un bidonville de 2000 habitants...
La mauvaise langue que j’étais...! A peine 300 m et bim, le voilà sur le bord de sa route : y a les mangues, y a le chapeau...ça ne peut être que lui ! Et effectivement, il fait parti du programme... nous commençons donc l’interview...
Pour peu de temps, car le muezzin se met à «chanter/miauler/crier», et là monsieur chapeau se lève et nous dit que c’est l’heure de la prière, merci mais revenez plus tard... et il rejoint la mosquée en courant.
A force, plus rien n’étonne ! Ici, impossible de planifier un meeting, il est systématiquement repoussé, ou annulé, si les gens ne sont pas carrément partis; impossible de fixer des deadlines, elles ne sont jamais respectées – et pas la peine de demander des justifications «I couldn’t (and that’s it)»...
Things Take Time, les 3T indiens
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